Entre Agents : « Les acquéreurs viennent de toute la France, attirés par la beauté de la région »
Militaire de carrière, rien ne destinait Jean-Pierre Fraysse à se lancer dans l’immobilier. C’est son attachement pour sa région natale qui l’a incité à acheter son agence, Nord Aveyron Immobilier, dans les années 90.
Refleximmo : “Comment êtes-vous passé de militaire à agent immobilier ?”
M. FRAYSSE : “C’est l’envie de revenir au pays qui m’a poussé vers cette nouvelle carrière. Après cinq ans dans l’armée, basé à Paris, je souhaitais retourner en Aveyron. Comme j’avais au départ une formation en comptabilité, j’ai tout simplement trouvé un poste comptable dans une agence immobilière basée à Espalion.”
RI : “Et vous êtes rapidement devenu directeur de votre agence…”
M. F : “C’était un coup de bol ! Le directeur a revendu l’agence au bout de 3 ans et nous l’avons rachetée avec un collègue. Depuis, l’affaire s’est bien développée puisque nous avons créé trois nouveaux bureaux dans la région.”
RI : “Comment se porte le marché dans le Nord Aveyron ?”
M. F : “Nous avons surtout senti les effets de la crise sur le neuf. Globalement, il y a eu beaucoup trop d’investissements ces dernières années. Dans notre région, les acquéreurs ont acheté des logements sans même connaître la ville. Résultat, pour les dernières constructions, ils n’arrivent plus à louer et ne peuvent donc pas défiscaliser !”
En revanche, le marché de l’ancien s’est bien maintenu. Dans les zones de campagne et les petits villages, ce sont les petites maisons en pierre isolée qui se vendent le mieux. En revanche, les maisons de village sans terrain trouvent difficilement preneur. Précisons que nous sommes dans une zone rurale : Espalion, la principale ville, compte moins de 5 000 habitants.
RI : “D’où viennent les acquéreurs ?”
M.F : “Jusqu’en 2006, les Anglais étaient les principaux acheteurs. Mais avec la crise économique en Grande-Bretagne, ils se retirent de la région. Ils ont d’ailleurs intérêt à vendre en ce moment, avec la forte chute de la livre sterling.
Les nouveaux acquéreurs viennent de toute la France, attirés par la beauté de la région. Il y a notamment beaucoup de gens du Sud, lassés de la surpopulation du littoral. Dans les principales villes, telles qu’Espalion, ce sont surtout des Parisiens retraités qui cherchent des logements proches des commodités.”
RI : “Et pour finir, auriez-vous une anecdote à nous raconter ?”
M. F : “J’en aurais des dizaines ! Mais je pense que la plus insolite est arrivée à mon associé. Il faisait visiter à un couple une petite maison de campagne à rénover. La dame est entrée la première dans la cuisine, qui était assez vétuste. Ils ont alors entendu un fort craquement, et le parquet a cédé sous son poids : elle s’est retrouvée un étage plus bas, assise dans le réservoir d’eau de la cave ! Le plus étonnant est que son mari, loin de lui venir en aide, a pris ses jambes à son cou et s’est enfui hors de la maison. Dès qu’elle a réussi à s’extirper du sous-sol, Madame s’est d’ailleurs précipitée pour lui mettre une correction… Bien sûr, nous ne les avons jamais revus.”
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Propos recueillis par Laure Marcus
